Le sport : ma prison sans barreaux

Le sport est bon pour la santé, forcément ! C’est ainsi qu’il est perçu, de façon positive. Pourtant, il peut devenir une drogue aussi redoutable et addictive que les autres. Il devient alors bigorexie, maladie reconnue officiellement par l’OMS en 2011.

 

L’auteure, Servane Heudiard

Traductrice de formation, Servane Heudiard a très vite intégré le milieu de l’édition qui lui offrait la chance d’exercer une activité professionnelle passionnante en tant que free-lance et, par là-même, d’assouvir quotidiennement son besoin addictif de sport.

Elle mène une vie entièrement régentée par le cyclisme et l’aviron, pratiqués comme amateure mais à très haute dose. C’est ainsi qu’elle trouve son équilibre aussi bien professionnel que personnel.

C’est aussi grâce au sport qu’elle a rejoint l’équipe Amphora en 2018 et qu’elle a l’opportunité de proposer aujourd’hui ce témoignage fort sur un phénomène encore méconnu : la bigorexie. Un témoignage pour expliquer, comprendre et aider.

Les dangers de la dépendance

Comme l’alcool, le tabac ou l’héroïne, il apporte un bien-être euphorisant au détriment de votre santé et met votre vie en danger. Vous y sacrifiez progressivement votre entourage familial et amical et la plupart des autres activités, y compris professionnelles. Vous risquez les blessures, parfois graves.

Vous avez besoin de toujours plus, vous faites toujours plus, et en arrivez à des comportements totalement déraisonnables. De plus en plus de personnes sont touchées par cette véritable pathologie, cette dépendance encore taboue.

C’est tout ce processus destructeur qui part pourtant d’une pratique sportive innocente que l’auteure vous explique dans ce livre autobiographique. Car nombreux sont les bigorexiques dans le déni et s’enferme dans cette quête infernale du « toujours mieux, toujours plus loin ». 

Or il est vital de reconnaître et d’admettre cette addiction avant qu’elle ne devienne totalement destructrice. Ce témoignage sensible et sans filtre aidera également les proches de personnes sport-addicts à identifier et comprendre ces dernières, afin de leur apporter le soutien dont elles ont besoin.

L’accompagnement afin de maitriser l’état de manque

Sensibiliser l’athlète à une rééquilibration du projet de vie : personnel, professionnel et sportif.

– Orienter vers un psychologue du sport pour réaliser un entretien avec le sportif : l’objectif est de mesurer la gravité du phénomène et de connaître les caractéristiques de l’addiction pour agir plus efficacement. On établira notamment l’inventaire des impacts négatifs et des attitudes témoignant de la déviance afin de faire prendre conscience au sportif de l’aspect pathologique et nuisible de son comportement.

– Proposer un travail en relaxation pour limiter le stress et l’anxiété : les séances lui permettront de supporter les effets du manque et du sevrage, ainsi que le sentiment de culpabilité lié au fait de ne pas s’entraîner

– Utilisation de la technique de l’arrêt de la pensée ou « switch » : basculer vers d’autres pensées qui l’aidera à limiter les sensations négatives intenses à certains moments, ou dans certains contextes entraînant un ressenti aigu du manque d’activité.

– Fixer des objectifs pour aider le sportif à gérer les durées et volumes d’entraînement.

– Créer un référentiel de réussite personnel pour renforcer l’estime de soi (valeur physique perçue) : rassurer le sportif sur son image et l’amener à mieux réguler l’engagement qu’il met dans sa quête de performance.

Certaines personnalités seraient-elles plus sensibles ?

Ce sont des éléments de réflexion abordées par le ministère des Sports afin d’accompagner les sportifs et leur entraîneur a mieux appréhender cet état. C’est également valable pour tou.te.s personnes et a tous âges, afin de rappeler que le sport peut aussi entrainer des troubles obsessionnels, ayant un impact majeur sur le comportement de tout.e un.e chacun.e.

L’addiction amène les sportifs à repousser toujours plus loin les limites physique et psychologique) et peut générer des blessures graves, voir un arrêt obligatoire de la pratique. Certains sportifs poursuivent la pratique sportive même en cas de blessure grave, ou ont recours au dopage pour pouvoir pratiquer.

– Il s’agirait des sportifs qui cherchent à valoriser leur image à travers le sport, en quête d’une meilleure estime de soi, pour modifier leur apparence corporelle ou pour combler un vide affectif. On retrouverait aussi des personnes souvent rigides, perfectionnistes.

– Certaines disciplines sportives augmentent le risque d’addiction, notamment celles qui développent une image corporelle (ex. gymnastique, danse, natation synchronisée), les sports à contrôle de poids (lutte, judo), les sports d’endurance, les sports où l’entraînement est très stéréotypé (vélo, course à pied, culturisme). Les recherches se sont principalement intéressées aux sports d’endurance.

«La dimension psychologique de cette dépendance est essentielle. Bien plus importante que sa dimension biochimique» Dr Dan Véléa, psychiatre spécialisé en addictologies à Paris 6.

La bigorexie est encore peu connue et reconnue en France et donc souvent sous-estimée par le milieu sportif de tous niveaux. Cependant, il est clair que la tendance est quasi-générale d’une forme de dépendance au sport, même chez les sportifs amateur.

Le sport apportant des bienfaits indiscutables sur la santé et le bien-être, il apparaît pour beaucoup comme un élément majeur dans l’équilibre de vie. Serait-ce à dire que nous sommes tous dépendants au sport ? Il en serait alors ainsi de tous les petits bonheurs de la vie, ce qui n’a rien de pathologique !

A propos du livre : à découvrir dés le Jeudi 25 Mars, clic and go !

Source texte et photo : Editions Amphora / ENVSM 




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Rédaction Santé des Iles

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